Retour sur les élections législatives …
La dissolution de Macron au soir des élections européennes a rendu envisageable une majorité (absolue ou relative) du RN à l’Assemblée : au soir du premier tour, le RN est en tète très largement.
La constitution express du NFP (accord programmatique et électoral), sa deuxième place au soir du premier tour, puis sa campagne forte de désistement systématique dès que RN est en tète et le NFP 3ème (Front Républicain pour empêcher la victoire du RN?) a non seulement fait échouer le RN au second tour, mais l’a également projeté comme première force relative à l’Assemblée.
Dans ce « désistement anti RN »,
* les Républicains (présent au second tour que dans 53 circonscriptions) n’y ont aucune part : ils renvoient LFI et le RN – asymétriquement ? – hors « champ républicain » : les républicains ont profité du désistement systématique (Portier en Rhône9 / Beaujolais par exemple) sans y participé.
Pourtant, c’est l’un des leurs – Barnier – que Macron nomme Premier ministre en septembre.
* le bloc du centre est dans la confusion ?
Macron ne veut pas des extrêmes, les centristes définissent un désistement confus. « Le Premier ministre appelle ainsi au désistement des candidats du parti « dont le maintien en troisième position ferait élire un député du Rassemblement national face à un autre candidat qui défend, comme nous, les valeurs de la République ». Une déclaration qui semble exclure des désistements au profit de candidats de La France insoumise » « Le Modem et Horizons favorables au barrage face au RN, mais aussi face à LFI »
Quelques candidats « ensemble » arrivés 3ème se désisteront pour un candidat LFI. Le bloc du centre profitera également fortement du désistement systématique du NFP.
Après la censure, quelle stratégie ?
La composition de l’Assemblée est donc très fortement le résultat de ces « désistements anti RN » et de la constitution express du NFP, Macron a la main pour la nomination d’un nouveau Premier ministre (5ème république) et il a le projet premier d’empêcher un « NFP uni » d’accéder à Matignon.
Alors, faut-il éviter l’amplification de la crise gouvernementale et « sauver » les institutions, comme l’envisage un PS (et les écologistes?) habitué à gérer un État dans le capitalisme mondialisé, « partis de gouvernement » de ce modèle social ?
Du côté de LFI, entre « tout le programme, rien que le programme » du soir du second tour1 et « ne soutenir qu’un gouvernement issu du NFP », la demande de démission du Président de la République est-elle intéressante ?
Oui, le refus de poursuivre un chemin d’aménagement du modèle social capitaliste est impératif pour les peuples et la planète. Le régime de la 5ème république est monarchique, capitaliste, minée par des crises : décolonisation en Afrique et dans les territoires « d’outre-mer », industrielles et agricoles résultants de la mondialisation libérale (mercosur) , environnementales – climat, vivants … – sociales et bien d’autres …
A trop réduire les problématiques à un budget non voté, à des lois retraites non défaites, à un président à dégager ou pas, … , ou à trop se focaliser sur la présidentielle de 2027 et une 6ème république de slogan, les enjeux risquent d’être non compris par nos concitoyens.
Alors, non ! A l’Assemblée, non à toute alliance avec les partis qui n’envisagent pas des chemins de ruptures fortes avec l’ancien monde ! Mais si l’enjeu n’est pas la survie de la 5ème république, il est fondamental que les citoyens de nos territoires s’emparent des débats et projets qui concernent ce chemin de ruptures vers un nouveau modèle social et une nouvelle République.
Alors, appeler à la démission de Macron est peut-être moins important que d’appeler à l’organisation de Conventions citoyennes !
Oui à intransigeance parlementaire contre l’ancien monde,
Oui à la mobilisation de conventions citoyennes pour s’engager sur les chemins des ruptures.
Thierry Girardot, 9 décembre 2024
1Lien Mélenchon7/07

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