Assemblée Nationale – XVIIe législature Session ordinaire de 2024-2025 Séance du lundi 03 mars 2025
La situation en Ukraine et la sécurité en Europe
Déclaration du gouvernement suivie d’un débat
Commentaires de la Déclaration de Cyrielle Chatelain, Présidente du Groupe Écologie sociale, à l’Assemblée Nationale
Introduction
L’évolution du conflit politico-militaire en Ukraine est un élément significatif des tendances à l’exacerbation des violences, explosions des inégalités, des dominations et aliénations et des destructions de notre monde à dominance ultra-capitaliste actuel : retour à un colonialisme assumé? au droit du plus fort? …
L’arrivée de Trump à la Maison Blanche au Étatsunis a accéléré ces évolutions : les citoyens du monde entier s’en inquiètent de plus en plus fortement.
Échapper à la sidération, analyser, débattre, comprendre, arrêter des objectifs, agir ensemble pour résister, inverser les tendances, construire le monde d’après : c’est simplement notre tâche d’humain du moment.

Le document suivant participe au débat. Ce sont des commentaires de la Déclaration de Cyrielle Chatelain, Présidente du Groupe Écologie sociale, à l’Assemblée Nationale. (déclaration en lien sur le site de l’AN) le 3 mars 2025.
Ce jour là, la séance de l’AN est consacrée notamment à une « Déclaration du gouvernement sur la situation en Ukraine et la sécurité en Europe, suivie d’un débat »
Ci-dessous, des extraits en rouge de l’intervention de Cyrielle Chatelain suivis de mes commentaires.
Commentaires de la Déclaration de Cyrielle Chatelain à l’Assemblée Nationale. (déclaration en lien sur le site de l’AN); En commençant par la fin de l’intervention de C C :
C.C. : Nous sommes entrés dans un monde de prédation, d’extorsion, d’agression. Notre modèle démocratique est ébranlé par les ingérences russes.
Non ! La période de prédation, d’extorsion, d’agression dure depuis au moins le début des grandes colonisations européennes, s’est institutionnalisée avec le propriétarisme (lire Piketti : Capital & idéologie). Les empires Russie, Etatsunis, Chine, Israël,… d’aujourd’hui sont les France, Allemagne, R.U., Russie, Autriche d’avant 1914.
CC : Nos valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité sont attaquées par une internationale fasciste qui s’implante en Europe, dans notre pays et sur certains bancs de cet hémicycle. »
Non. La défense de la France et de l’Europe ne sont pas la défense des valeurs de liberté, égalité fraternité. Le modèle social actuel fonde les inégalités et les destructions, l’asservissement au consumérisme, etc… Oui, la Russie et certaines forces politiques en France et Europe ont un projet politique clairement totalitaire, de hiérarchie humaine de toutes sortes et encore plus destructeur de la planète .
CC : Nous proposons une écologie en période de guerre, qui renforce nos avantages stratégiques par des mesures limitant la dépendance de notre pays aux énergies fossiles, prenant en compte la finitude et la rareté des ressources critiques et anticipant la dépollution des environnements affectés par les activités militaires
« Une-écologie-en-période-de-guerre » est un oxymore. Une écologie de résistance au fascisme ce doit être :
* des mesures limitant la dépendance de notre pays aux énergies fossiles
* une affirmation que la sortie du modèle social propriétariste est indispensable pour faire vivre les valeurs de liberté, d’égalité et de vivabilité des territoires et de la Terre
* une affirmation de résistance citoyenne massive des peuples et leurs participations massives à des présences militaires en Ukraine après (?) un arrêt des combats.
C C : Nous écologistes, affirmons que nous ne pouvons accorder un soutien inconditionnel à une économie de guerre, ce qui reviendrait à abandonner la bataille climatique et à faire passer au second plan la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
Oui, cela reviendrait à ne plus être écologistes et d’abandonner la bataille pour un véritable autre modèle social.
C C : elle [la France] doit suspendre l’accord d’association avec Israël et reconnaître l’État de Palestine. La France et l’Europe ont l’impératif moral et diplomatique de ne pas laisser s’installer un double standard : l’Europe ne peut défendre l’intégrité de l’Ukraine et abandonner la Palestine.
Oui il faut toujours lier les deux sujets.
C C : La sécurité de l’Europe et de la France passe également par un changement de politique étrangère. La Russie cherche à développer ce qu’elle considère être une « majorité mondiale », c’est-à-dire à s’appuyer sur les pays du Sud pour construire une majorité contre l’Occident. L’Europe ne doit pas laisser la Russie l’isoler.
Oui, sortir de l’OTAN et réaffirmer l’exigence d’un nouvel ordre mondial non colonial, non pilleur, non croissantiste avec tous les peuples qui le souhaitent
C C : L’Union européenne doit accélérer le déploiement d’une défense européenne incluant le Royaume-Uni et travailler en partenariat avec des alliés non alignés. …Établir une base industrielle de défense européenne est également nécessaire, afin d’être indépendants du point de vue opérationnel et de garantir l’interopérabilité entre les armées européennes.
Oui à des regroupements d’armées européennes et des exercices nombreux de regroupements d’armées avec commandement tournant sous direction politique collective confédérale d’États européens ou non.
Non à des constructions européennes de défenses, Non à une dissuasion nucléaire française ou européennes
C C : Il faut mettre fin à l’achat de gaz, de pétrole et d’uranium enrichi à la Russie. … il convient de sortir de notre dépendance aux engrais russes, dont la France est le plus gros importateur européen.
Oui. Tout de suite. Préalable à toutes rencontres et débats.
C C : Impossible de zapper, d’oublier : pour la première fois depuis 1945, la peur de la guerre s’insinue en chacun d’entre nous. … Donald Trump piétine quatre-vingts années de construction du droit international
Non La peur ne doit pas s’insinuer : mauvaise posture ! Non, le droit international est malmené depuis longtemps (Chili 73, Irak, Israël, Libye, ………..)
C C : l’objectif des dirigeants russes est le démantèlement de l’Union européenne. Celle-ci doit donc s’affirmer comme une force politique, ce qui implique, dans le contexte actuel, de s’affirmer aussi comme une force militaire. (Applaudissements)
Non. Les processus de guerre, conquêtes, massacres enclenchées ont leur propres dynamiques : on sait vaguement pourquoi on y rentre, on ne sait jamais comment cela va se poursuivre ! Arrêter au plus vite avant le carnage ! Arrêter au plus vite en ne faisant pas d’erreur sur les valeurs, et, où et comment les défendre .
Thierry Girardot

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